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mercredi 12 novembre 2008

Rien ne sert de courir, il faut partir à point

Chaque année, durant une période de 6 mois, des milliers de tortues ont la bonne idée de venir pondre leurs oeufs sur certaines plages des côtes d’Amérique centrale. Le spectacle est étonnant, et l’idée de participer en spectateur passif mais attentif à l’une de ces arrivées nous plaisait. Problème : il faut bien viser dans les dates. Les tortues arivant généralement massivement une nuit ou l’autre, puis plus rien pendant des jours... Les dates sont apparemment déterminées par les cycles lunaires, mais il n’en reste pas moins que personne ne sait exactement lorsqu’elles arrivent.
Nous partons donc pour San Juan del Sur, station balnéaire de la côte pacifique du Nicaragua, qui présente le gros intérêt de ne se trouver qu’à 18 kilomètres d’une des plages les plus prisées de la Jet Set tortuguesque. D’ici nous prévoyons un départ pour la réserve, et une nuit à la belle étoile histoire de bien profiter du spectacle et économiser le prix exorbitant d’une nuitée sur place. Et oui, les nicaraguayens ont trouvé la tortue aux oeufs d’or...

Et ben devinez quoi, on les a vues !!!
Elles sont véritablement splendides, jugez en par vous même...


...

Ben quoi ?

...

Bon, OK, c’est bon, on les a pas vu...
Elles nous ont posé un lièvre les tortues. Elles avaient décidé d’attendre encore un peu, mais nous on avait pas le temps d’attendre, alors on est reparti sans les voir. Tant pis pour notre omelette...

Mais, comme à la kermesse, on a eu droit à un lot de consolation : un zoli coucher de soleil. On fait pas d’omelette avec, mais comme son nom l’indique c’est zoli.
Et quand c’est zoli, ben parait que faut prendre des photos.

Et comme c’était très zoli, on a très pris des photos...


Le lendemain, j’étais très triste, alors j’ai dit à Amélie :
« Cheveux voir des tortues !!!... Ouuuuiiiiiiiinnnnnnnnnnnnn !!!!!!!!!!! »
Elle, pas compréhensive du tout, a répondu :
« Oh ça suffit, la barbe maintenant, faut que tu arrêtes avec ça... »
Alors moi, gentil et soumis que je suis, je me suis rendu chez le coiffeur...
(Putain, ça c’est de la transition, je m’impressionne...)

Alors voilà ce que ça donne :

AVANT


APRES


En fait, je crois avoir tout simplement découvert la fontaine de jouvence...
J’ai perdu 15 ans en 10 minutes, plutôt pas mal.
Le problème c’est que maintenant Amélie est emmerdée. Récemment, elle a fini au poste pour détournement de mineur...

Et puis j’ai pas perdu que des années. J’ai aussi bien perdu du poids (et le tout sans être malade s’il vous plait). L’absence de barbe m’a dévoilé des joues bien creuses, comme je crois n’en n’avoir jamais eu.
Je n’ai pas eu l’occasion de me peser, mais quand je me regarde dans une glace, j’ai parfois envie d’appeler Action contre la faim pour qu’ils s’occupent de mon cas. Alors de temps à autre je m’organise des opérations « pinte de bière », une sorte d’opération « bol de riz » que j’ai très légèrement adapté, afin de me venir en aide.
Bien sûr, vous aussi vous pouvez participer à cette campagne de dons.
Vous pouvez envoyer vos dons en liquide (avec des bulles et du houblon si possible) ou en espèce (privilégiez le saucisson et le roquefort, particulièrement recommendés dans des cas de malnutrition sévère) à l’adresse suivante :

Opération " Sylfaim dans le monde "
A l’attention du grand tout maigre
Amérique latine

Grâce à votre générosité, Je ne désespère pas de reprendre un peu du poids de la bête.

mardi 11 novembre 2008

Une île, deux volcans...

Voici en quelques mots ce qu’est Ometepe. Située au beau milieu du lac Nicaragua, on pourrait croire cette île sortie d’un conte de fée. Effet renforcé par la forme conique quasi parfaite du volcan Concepcion. Nous ne nous lasserons pas de la magie que dégage ce lieu...



De nouveaux volcans... L’envie était trop forte, nous n’avons pu résister à notre volcano addiction, et dès le lendemain matin de notre arrivée sur l’île, nous partions à l’assaut du Concepcion. Ce volcan, encore actif, est en permanence coiffé d’un nuage de souffre (un cône qui fume.... hum... ça m’a pas l’air bien légal tout ça...), auquel s’ajoute très souvent une couronne de vapeur d’eau. Et ce jour là il portait son couvre-chef royal. Résultat : une ascencion de près de 5 heures dont la moitié dans les nuages. Et bien sûr à l’arrivée un panorama totalement oubliable. Seule reste la satisfaction d’avoir vaincu ce gros morceau de plus de 1600 mètres de dénivelé, le tout en 10 heures (Yes we can !!! Comme dirait un ami à moi promis à un bel avenir...).

Evidemment, deux jours après, alors que nous étions encore sur l’île, le volcan été totalement découvert, mis à part un peu de souffre au sommet, offrant certainement un panorama grandiose aux courageux du jours, et faisant croître encore un peu plus notre frustration de l’ascencion... Sinon c’est pas drôle.



Après ça, nous méritions une journée à la plage... Problème : pas de plage à l’horizon. Où plus exactement plus de plage à l’horizon. Les très fortes pluies du dernier mois ont fait monter le niveau de l’eau au point d’innonder l’ensemble des plages de l’île et quelques infrastructures touristiques au passage. Quelle image étonante que celle de bateaux « garés » aux côtés de voitures...

Mais celà ne nous empêchera pas de piquer une tête.

Egalement au programme, une escapade en vélo (Pour Sylvain ça équivaut à une journée détente qui remplace la plage... Pour moi, ça me fâche définitivement avec ce moyen de transport super en ville sur routes goudronnées, mais qui se révèle être un véritable instrument de torture dans les chemins caillouteux !) et la visite de quelques pétroglyphes (gravures sur pierres), une « spécialité » archéologique de l’île.

Nous séjournerons enfin dans une ferme « écologique », et nous expérimenterons pour la première fois de ce voyage la nuit en hamac.


Bon, et puis voilà, il faut qu'on vous présente Angie : c'est notre "guimmick" depuis le début du voyage. On l'a rencontrée pour la première fois à San Pedro au Guatemala a notre école d'espagnol. Depuis, on l'a recroisée au hasard des chemins : à Utila dans un petit restau, à Leon sur un canap', et à Ometepe donc sur la place d'un village ! A priori, ça sera notre dernière rencontre : Angie retourne vers le nord, nous continuons vers le sud...

mercredi 5 novembre 2008

Le Triskell nicaraguayen

Le Nicaragua est, paraît-il, le pays des volcans. On ne voit vraiment pas pourquoi, avec seulement 25 volcans sur un territoire aussi petit. les nicaraguayens le revendiquent d’ailleurs volontiers au point de faire figurer 5 volcans sur leur drapeau (ainsi qu’un bonnet phrygien en clin d’oeil à la révolution française, mais ça c’est une autre histoire...). Un grand nombre de ces volcans sont encore actifs, parait-il que c’est à cause d’un battle de plaques tecktonik (comprendra qui pourra...)

Le Nicaragua est aussi un pays d’eau. Il propose bien sûr de nombreuses plages, dont certaines sont tout bonnement idylliques, mais il est également l’hôte de deux lacs gigantesques (les lacs de Managua et... du Nicaragua). Et je ne vous parle pas de la pluie (cf. article précédent).

Enfin, c’est un pays de terre. Le pays est le plus pauvre d’Amérique latine. Les secteurs industriels et tertiaires y sont quasi-inexistants. La majeure partie des ressources provenant de l’agriculture. Le Nicaragua demeure ainsi un pays largement rural.

L’eau, la terre, le feu, voici pour le clin d’oeil aux bretons et à leur Triskell.

Pendant deux semaines, notre voyage a été plus que jamais placé sous le signe de ce Triskell.


Lâchez les fauves

Leon est l’ancienne capitale du Nicaragua. C’est une des 2 villes coloniales historiquement très importantes du pays (avec Granada). Elle reste très dynamique aujourd’hui. Située entre le Pacifique à l’ouest et une chaine de volcans à l’est, nous y avons passé quelques jours bien agréables.

Nous avons d’abord fait un saut sur la côte. Ce petit plouf dans cet océan tumultueux ne nous a pas permis de nager (trop de courant), mais on y a joué comme des enfants, à essayer de surfer sur la vague. Nos efforts auront été récompensés par un coucher de soleil de carte postale.



Après la mer, la montagne : nous avons signé pour un treck de 2 jours, l’ascension du San Cristobal, le volcan le plus haut de la chaine (1745m).

Il se dit que c’est l’ascension la plus difficile du coin. Je confirme ! Le premier jour nous avons eu droit à une courte marche d’approche... sauf que, pour nous, la nature a décidé d’y mettre un peu de piment : pluies diluviennes qui ont transformé le chemin en lit de rivière en une 1/2 heure. Il a plu jusqu’au petit matin... Petit matin où nous nous sommes levés pour découvrir un ciel clair...Ouf (que je croyais). L’ascension s’anoncait bien... mais voilà, le sol du volcan est favorable au « moon walk » : un pas en avant pour se retrouver deux en arrière . Le sur-place, ça fatigue et, par définition, ça ne fait pas avancer. Je suis arrivée rincée au sommet, mais récompensée par une vue à 360° absolument splendide. Nous avons fait le tour des deux cratères. L’un actif, l’autre éteint où nous sommes descendus.



Le retour au bercail a été laborieux. Tout aurait été parfait si on avait pas déjà signé pour un autre volcan dès le lendemain... Mes pauvres cuisses...

Après le San Cristobal, nous nous attaquons au Cerro Negro, plus jeune volcan d’Amérique centrale. Il a moins de 150 ans et ne mesure que 700 et quelques mètres. C’est une petite ascension, mais avec une belle vue sur la chaine des volcans (contraste entre le vert des vieux volcans et le noir des ptits jeunes hyperactifs qu’il faudrait parfois traiter au Prozac....). Et pour l’anecdote, ce volcan se redescend en surf ! L’idée est saugrenue, mais la réalisation assez sympa !


Marché ou marcher ?

Masaya est une ville connue pour ses marchés de produits artisanaux. C’est en fait, une escale pour bus de touristes, avec peu de charme et les même produits d’un stand à l’autre. Il faut sortir des sentiers battus pour trouver un peu d’authenticité : entrer chez un potier à San Juan del Oriente, voir confectionner un hamack dans une boutique excentrée de Masaya, aller voir le Volcan et la lagune...

De mon côté, quelque peu déçu par ces marchés bien fades, je profite d’une nouvelle opportunité pour grimpouiller gaiement un nouveau petit volcan (mais qui ne compte pas moins de 5 cratères, dont 1 actif). Petite rencontre sympathique avec une tribu de singes sur le chemin du retour. Le plus téméraire de la tribu (sans doute le chef) me faisant comprendre par un lancer répété de branches en ma direction que ma présence ici était indésirable.

Et, les gars! puis-je me permettre de vous rappeler qu’on a des ancêtres communs !!! Nan mais. L’influence du créationisme chez les singes sans doute... Pourtant vous ne pouvez pas dire que je ne fais pas d’effort côté mimetisme, avec ma barbe hirsute qui vient renforcer mon côté primate naturel. Si j’étais pas aussi nuisible, je pense que je ferais parti des espèces protégées.

Une chose nous aura particulièrement plu à Masaya, c’est bête, mais il faut bien l’avouer : c’est qu’il y avait la télé dans notre chambre, avec TV5 monde ! On a pu regarder les infos, les chiffres et les lettres, envoyé spécial, thalassa... Mine de rien, ça nous a fait du bien, presque à nous filer un petit coup de « cucaracha » sur le départ (vite envolé, je vous rassure).


Une explosion de couleurs

Granada est certainement la plus belle ville du pays. Située entre le volcan Mombacho et le lac Nicaragua, cette ville coloniale a gardé toute sa splendeur d’antant. Les maisons y sont bien entretenues et colorées, et la place centrale y est particulièrement ombragée (ce qui n’est pas désagréable vu le beau temps et la température....). Il doit être agréable d’y vivre. Mais nous ne faisons qu’y passer, l’île Ometepe nous attend !

Allez, je ne résiste pas à l’envie de vous conter l’histoire d’un homme qui, à sa manière, a marqué celle de nombreux pays d’Amérique centrale.

Cet homme est un certain William Walker, une sorte d’américain mégalo qui un beau jour a décidé de conquérir toute l’Amérique centrale.

C’était en 1850 et des brouettes, il est arrivé avec une poignée de mercenaires américains (56 pour être précis), et à commencé par conquérir le Mexique où il s’autoproclame président avant d’être honteusement chassé du pays.

Puis il s’attaque avec succès au Nicaragua, étant « élu » président du pays. Bien entendu, les Etats-Unis s’empresseront de reconnaître ce nouveau gouvernement. Ce grand démocrate décida entre autres choses de faire de l’anglais la langue officielle et de rétablir l’esclavage... Pas mal. Il empruntera même à titre personnel en mettant le pays entier en gage.

Puis il continua sur sa lancée en partant à la conquète du Costa Rica.

Bon, après ça, le mec au yeux menthe à l’eau s’est un peu perdu dans sa mégalo. Il a fait savoir qu’il comptait bien conquérir l’ensemble de l’Amérique centrale, ce qui n’a bizarrement pas plu à ses voisins qui ont décidé de le chasser.

Avant de fuir Granada, le gentilhomme a quand même prit le temps de mettre le feu à la ville.

Il pris même pris la peine d’installer un panneau à l’entrée de la ville disant « Ici était Granada ». La classe...

Bon, y aurait encore pas mal à dire sur lui, mais il se fait tard, alors je vous la fait courte :

Il a reessayé d’envahir le nicaragua 6 mois plus tard sans succès, puis 4 ans après, mais cette fois il a fini par se faire fusiller par les ingrats Honduriens. Faut pas déconner quand même...

Je vous ai mis sa photo au cas ou vous le croiseriez. Auquel cas un conseil : changez de trottoir... Pourtant il a pas l’air comme ça...

Voilà, en lisant son histoire, ce mec m’a tout de suite paru sympathique, j’avais donc envie de me charger des présentations...

samedi 25 octobre 2008

7 ans après...

7 ans après être venus pour un projet étudiant à Esteli (Nicaragua), me voici de retour... Les choses ont quelque peu changé et ma mémoire de poisson rouge a quelques difficultés à se repérer. Un pont détruit par le cyclone Mich a été reconstruit (auparavant nous traversions la rivière sur des pierres) ; Une fabrique de cigares est apparue dans le quartier où nous avions mené le projet, apportant du travail mais dans des conditions déplorables. L’association Funarte, pour laquelle nous étions intervenus et qui propose des ateliers de peinture aux enfants, a déménagé dans des locaux plus spacieux... Mais d’autres choses n’ont pas changées. Nous logerons quatre jours dans la maison de Dona Julia, qui m’avait déjà hébergé pendant 2 mois il y a 7 ans, retrouvant ainsi avec plaisir son « gallo pinto » (mélange de haricots rouge et de riz) et ses « frescos » (jus de fruits frais). Dona Julia est une sorte de mère courage bien connue dans son quartier, engagée associativement et politiquement (inconditionnelle du Front Sandiniste de Libération National, parti révolutionnaire qui renversa le dictateur Somoza et lutta pendant près de 10 ans contre des contre-révolutionnaires armés et financés par les Etats-Unis de Reagan. Trop long à expliquer mais les Ricains ont ici aussi fait beaucoup de mal. Un des fils de Dona Julia est mort pendant la contre-révolution).


Aujourd’hui, du haut de ses 76 ans, elle est beaucoup moins activ
e et a des soucis de santé, en particulier depuis la disparition de son mari, Don Benjamin, décédé il y a deux ans de la maladie d’Alzheimer. Déjà lors de notre premier passage il semblait un peu déconnecté du monde réel. Mais Dona Julia n’en reste pas moins ma « mama » du Nicaragua, toujours aussi dévouée et pleine d’attentions. Hormis Dona Julia, je n’aurais pas croisés beaucoup de personnes au visage familier. Seulement quelques enfants de Dona Julia, dont la présidente du Funarte, et quelques jeunes du quartier, dont certains ont, semble-t-il, « mal tournés », dépensant le peu d’argent qu’ils ont en alcool. Mais les retrouvailles avec eux se sont néanmoins très bien passées... Je craignais beaucoup ce retour si longtemps après, mais j’ai été très touché de l’accueil reçu chez Dona Julia, et du fait que les jeunes se souvenaient de moi et de mon prénom (ou plutôt de mon surnom, Cissou, Sylvain étant trop compliqué à prononcer) ce qui n’était pas vraiment réciproque mais celà ne vous surprendra pas... Et puis voir la « casa comunal » que nous avions construite accueillant une centaine d’enfants pour un atelier de peinture m’a évidemment ravi.





















Qui sait, dans 7 ans peut-être....

Et pour moi, il a été très agréable de pouvoir visualiser ce dont Sylvain m’avait parlé : mettre des visages sur des noms, des images sur des lieux, ... Et surtout, rencontrer sa famille d’accueil si gentille et avec une telle énergie ! C’est une expérience extra de partager la vie des gens dans un pays que l’on découvre, un vrai atout !

Hormis le temps consacré aux rencontres, peu d’occasions de visiter les environs. La météo très défavorable nous l’aura interdit. Il semble qu’une « onde tropicale » était bloquée sur la côte Caraïbes depuis près d’un mois. Résultat : une pluie quasi discontinue dont les conséquences à court et moyen terme pour les populations locales sont graves. Hormis les disparitions (dans des cours d’eau déchainés), la pluie est également responsable de la destruction d’une grande partie des récoltes (notamment les fragiles frijoles), de nombreuses maladies chez les plus fragiles, de l’indisponibilité de certaines infrastructures (ponts, routes...), de l’augmentation du prix des denrées alimentaires... Bref, pas folichon folichon tout ça...