Affichage des articles dont le libellé est Bolivie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bolivie. Afficher tous les articles

vendredi 16 janvier 2009

Bolivie, c’est fini...

Et dire que c’était le pays de nos premières maladies...

Là où les indiens sont cowboys (et vice versa)

Sitôt nos organismes rechargés plus qu’il n’en faut en sels minéraux, nous partons en destination de Tupiza, petite bourgade bolivienne qui nous ferait presque nous sentir en plein Far West. Non pas qu’ici on se tire dessus à chaque coin de rue, les boliviens sont toujours aussi pacifiques, mais la ville est litteralement immergée dans un décors que l’on croirait tiré d’une BD de Lucky Luke. Des cañons aux teintes allant du jaune canari au pourpre.
Et comme pour mieux accentuer cette impression, ici on se déplace encore bien souvent à cheval, et pas seulement pour le folklore.
Cerise sur le gateau : Butch Cassidy a été liquidé à 20 km de là par quelque chasseur de prime.
Une différence notable quand même à faire retourner John Wayne dans sa tombe : ici ce sont les indiens, des Quechuas en l’occurence, qui jouent les cow boys...




Au programme de ces quelques jours : Repos. Le fameux repos que nous étions censés nous accorder à Sucre avant que le jour de l’an à Uyuni vienne tout chambouler (à notre plus grand bonheur). Donc... repos.
Et logiquement on commence par un triathlon...

Non, je n’ai pas réussi l’exploit d’entrainer Amélie dans une course avec running, VTT et natation.

Le triathlon à la sauce Tupizienne ça donnerait plutôt ça : cheval + jeep + VTT (en descente seulement, faut pas déconner).
Un bon moyen de visiter de biens jolis spots des alentours et de galoper au milieu des cactus façon Clint Eastwood, sauf que Clint il avait pas de casque à vélo sur la tête, et ça c’est la grande classe.



Et toujours dans l’optique de nous reposer, on se fera quand même l’ascension d’une montagne environnante, le Cerro Elefante, ou plutôt de sa voisine, parce que quand on est à plus de 4000 mètres, qu’on se plante de chemin et qu’il faut redescendre pour remonter ensuite, ben on change le plan initial, et c’est les poumons qui nous remercient... Et oui, comme dit l’adage, montagne ou pas montagne, un éléphant ça trompe énormément..



Mais rassurez-vous, on a pas fait que se reposer. On a quand même fait l’effort de rester au lit 3 jours à rien f aire ou presque. Aidé en celà, il est vrai, par 24h d’une digestion plus que délicate...


Vous reprendrez bien un petit verre de vinaigre ?

Nous quittons Tupiza et ses cañons pour Tarija et ses canons. Tarija est LA ville bolivienne du vin. Elle est aussi bien plus riche que ses consoeurs du nord, ces deux caractéristiques n’étant sans doute pas sans rapport.

Nous, avides assoifés de culture que nous sommes, nous faisons un devoir de visiter la « bodega » d’une des maisons vinicoles des environs. Nous choisissons de rendre visite à la « casa vieja » qui poduit du vin de façon artisanale. Du vin ? pas sûr... On aurait dû se méfier de cette maison au nom qui en disait pourtant long. Parce qu’en fait de vin on nous a servit quelquechose qui ressemblerait plus à du vinaigre au dire de nos papilles gustatives françaises. Verdict : imbuvable, même par des gosiers expérimentés comme les notres. Et nos verres sont restés au trois-quart pleins sur la table, ce qui n’est pas vraiment dans nos habitudes. De quoi nous faire regretter notre bonne vieille bouteille de villageoise millesime 2008.

Pour évacuer les excès de la veille (un quart de verre de Casa Vieja à deux) rien de tel qu’une petite marche. Trois jours dans la réserve biologique de Sama le long d’un « camino inca », comprenez un sentier pavé (grossièrement) par les incas il y a de ça quelques siècles déjà.
Départ à 3700 mètres d’altitude au milieu des lamas et flamands roses accompagnés de Lucia et Franco, deux argentins sympathiques rencontrés dans le premier refuge.




Pêle-mêle, nous traverserons des paysages magnifiques, chercherons sans succès des peintures rupestres, traverserons des paysages magnifiques, nous reconcilierons avec le vin bolivien un soir de pluie dans le second refuge, traverserons des paysages magnifiques, et je me ferai une entorse de cheville, et moi une inflammation des gencives à force de mordiller des bouts de charqui de lama (bouts de viande séchée salée). C’est fou comme il oublie vite... Il s’est aussi cassé une dent ! Je vous assure que nous avons amèrement regretté de ne pas avoir emmené dans nos bagages mes collègues (dentiste et kiné).




Arrivée à 2200 mètres... Oui, vous l’aurait compris, on avait choisit le « bon » sens.

La dernière nuit nous essuierons une grosse grêle rarissime aux dires des locaux. Une anecdote pour nous, une catastrophe pour les paysans locaux. Il ne restera pas grand chose des plantations environnantes.



Nous quittons la Bolivie en empreintant la route spectaculaire qui mène à Villazon/La Quiaca... Route qui a donné des sueurs froides à Sylvain... La vue de carcasses de bus (dont une de la même compagnie que la notre...) en contre-bas et les croix tout le long de la route lui ont donné les mains moites ! Heureusement maman que tu n’étais pas là...

Nous quittons la Bolivie, mais pour un temps seulement... Nous y repasserons au « retour ». Nous n’avons pas encore eu l’occasion de visiter la région nord du pays (La Paz, Lac Titicaca, route de la mort !!! Et oui, il y a une route spectaculaire à descendre en vélo et mon trouillard de Sylvain en bus rêve de descendre une route pire en vélo... Allez comprendre !)

lundi 5 janvier 2009

Chérie, passe moi le sel


La ville d’Uyuni a peu d’intéret si ce n’est le plus grand salar au monde à côté duquel elle se trouve, et les 2 poissards (parce que nous avons la poisse, mais eux aussi...) que nous allons rejoindre : Benjamin et Blandine. Et oui, étant tous les 4 en Bolivie, pas si loin les uns des autres, on s’est dit que fêter la nouvelle année ensemble serait une idée sympa. Nous signons donc pour un tour en 4x4 de 3 jours dans le salar et ses environs. Juste au moment du départ, poisse oblige, nous nous rendons compte qu’une canette de bière fuit dans notre sac avec tous nos vétements pour le tour... Et m.... En moins de temps qu’il ne faut pour le dire la situation est gérée, juste le temps pour Blandine de se rendre compte que ce n’est pas une canette dans son sac qui fuit, mais bel et bien la bouteille de rouge qui a cassé (et Blandine a dans son sac TOUTES ses affaires car eux ne repassent pas par la case départ, ils filent direct vers San Pedro de Atacama – Chili) ! ça commence bien...



Une fois en voiture, notre chauffeur et guide, Renato, nous explique 2 choses : la première est que le sel est très corosif, donc que « les voitures ici on une espérance de vie de 5 ans... » et la seconde, qu’il ne faut pas s’inquiéter si :
- les pneus sont lisses
- la voiture ne démarre pas de suite
- la portière et la fenêtre ne s’ouvrent pas...

« c’est une bonne voiture, elle a 6 ans d’expérience et c’est l’expérience qui compte, non ! »
Nous voilà avertis... que 2008 se termine comme il se doit et advienne que pourra pour 2009 !

La visite du salar et de la isla del Pescado le premier jour nous laissent bouches-bées. Quelle splendeur !






Les paysages des jours suivants sont tout aussi merveilleux et non moins variés. Les photos parlent d’elles-mêmes (et en quantité et en qualité... n’est-ce pas Benjamin ?!).
Il est vrai que nous avons eu la gachette facile avec près de 1700 photos prises en 3 jours (après tri et une fausse manip’ de ma part il n’en restera que 350). Un brin compulsif...










Le 31 au soir, nous le passons à 4000 m, dans un refuge à côté de la Laguna Colorada. A 7h00, alors qu’avec Sylvain on se fait une petite balade autour du lac, on a une grosse pensée pour vous tous puisque il est minuit en France... Nous sortons le jeu de carte pour attendre minuit et festoyer dignement (avant d’aller vite se coucher parce que le reveil du 1er est à 4h30... ça ne rigole pas !)









Heureusement, après la visite des Geysers, se trouve au programme un bain dans des eaux thermales pour se remettre de cette courte nuit arrosée au Singani (alcool bolivien) et de la route chaotique qui nous y mène... Ouf !

Nous laissons Blandine et Benjamin à la frontière du Chili, et repartons vers Uyuni. C’est là que nous nous nous sommes rendu compte que 2009 ne sera pas sans poisse non plus... Vous vous souvenez de ce fameux 4x4 qui avait tant d’expérience... Et bien, alors que nous essuyons un gros orage, il s’est averré ne pas être étanche ! Tous (les 4 restants) tassés sur la gauche, nous avons tenu le coup, mais je pense qu’à 6, l’expérience aurait été beaucoup moins agréable... Nous avons aussi eu le temps de crever... Heureusement pour nous, une seule fois ce qui nous a permis de repartir dès que le pneu a été remplacé... ce qui n’a pas été le cas d’autres touristes qui ont du attendre qu’un 4x4 ami passe et les dépanne...

Bref, plein de bons souvenirs... Décidement, nous sommes sous le charme de la Bolivie !

BONNE ANNEE à vous tous !

Argent sale


Potosi est réputée pour la beauté de son architecture qui lui vaut de figurer sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Cette richesse architecturale n’est que justice quand on sait que cette ville a litteralement changé la face du monde, tout du moins de l’Europe. Les mines de Potosi, riches en argent et autres métaux, ont fait la richesse de l’Espagne et, par contagion, de l’Europe entière.





Mais cette époque est maintenant révolue, les ressources se sont peu à peu épuisées, et les mines de potosi n’intéressent plus grand monde.
Pourtant, les mines sont encore en activités... pour le meilleur et pour le pire. Ici, pas de multinationale minière comme il est si courant d’en voir dans les mines du monde entier : pas assez rentable. C’est un système de coopérative qui s’y est substitué. Les mineurs, salariés ou à leur compte, apporte leur minerai à des raffineries qui se chargent d’isoler argent, zinc ou autre métal semi-précieux.


Mais revenons-en à notre visite avec un Sylvain bien malade et particulièrement tétu (qui n’envisage pas de ne pas venir...) après une tartiflette avariée (cf. épisode précédent).


Avant la visite, le guide nous amène acheter quelques cadeaux pour les mineurs que nous croiserions. Nous avons le choix entre des cigarettes, de l’alcool à 96°, des feuilles de coca ou de la dynamite. Je demande à Amélie d’éviter alcool et cigarettes, n’ayant pas envie de contribuer à leur consommation.



Nous partons ensuite sur le site à prêt de 4300 mètres d’altitude. Vous l’aurait compris : il fait très froid en extérieur et l’air est bien peu chargé en oxygène, essouflement garanti à la première côte. Nous pénétrons dans la mine à la lumière de lanternes encombrantes et pourtant bien peu efficaces.
Au bout de quelques mètres déjà il faut baisser la tête. Tête que nous ne redresserons qu’à de rares occasions, l’essentiel de la visite (et donc le quotidien des mineurs) se faisant tête baissée, comme pour rendre encore plus pénible les conditions de travail de ces pauvres gens.


Plus nous nous enfonçons dans les entrailles du Cerro Rico, cette montagne aux couleurs Arc en ciel vue de l’extérieur, plus il fait chaud, l’oxygène se fait rare et la poussière omniprésente.
Dans ces conditions, la visite elle-même est loin d’être une partie de plaisir, et je penne au point de m’asseoir à la moindre pause de quelques secondes destinées à vérifier que tout le monde suit. J'étais vraiment complètement "debil" (cf. un dictionnaire d'espagnol. Quoique un dictionnaire de français pourrait peut-être suffire...). Pour sa décharge, Sylvain est vraiment malade (estomac vide et avec de la température+++). Alors imaginez un peu y donner des coups de pioche...
Nous rencontrons une poignée de mineurs venus risquer leur vie malgré la chute des cours mondiaux de métaux due à la crise actuelle.
Ils sont jeunes, la plupart ont moins de trente ans, et pour cause... Il est de notoriété publique que la majorité des mineurs meurent avant 10 ans de travail, principalement de pneumonie ou d’accidents (dynamite trop prompte à exploser, poche de gaz, chute de pierres...). 5 morts par mois d’accidents en tous genres. Et nous voilà à prendre des photos de ces gens, leur « offrir » quelques feuilles de coca, et moi à m’affaler par terre trop faible que j’étais pour me tenir debout (ou plutôt vouté).



Nous nous sentons génés, un peu « voyeurs », et les échanges avec les mineurs sont rares. Et que dire du fait d’avoir refusé l’achat d’alcool et de cigarettes. Face à la réalité de cette vie, voilà des principes qui ne valent pas grand chose. Surtout que l’air respiré à longueur de journée par les mineurs est sans commune mesure bien pire que 1 voire 2 paquets de clopes par jour !

Leur vie non plus ne vaut pas grand chose. Les salaires sont ridiculement bas au regard des risques encourus. Il y a certes des mineurs mieux payés que les autres, mais pour celà il faut 15 ans d’expérience, autrement dit faire partie de la minorité de mineurs qui survivent jusque là. Ironic, isn't it ?
Au moins pourrions nous penser que la condition de ces mineurs s’améliore. Que nenni...
Elles se dégradent. Les coopératives ne sont pas riches et n’investissent plus grand chose dans les infrastructures. Ainsi, quand auparavant des machines se chargeaient de sortir le minerai à l’extérieur de la mine, ce sont maintenant les dos des hommes qui s’en chargent...

L’argent ne fait décidemment pas le bonheur...

Salaire bas, espérance de vie plus basse encore, conditions de travail moyen-âgeuses... Mais alors pourquoi font-ils ça. Peut-être parce qu’ils n’ont pas vraiment le choix. Peut-être aussi parce qu’ils ont l’espoir de trouver un jour le bon filon, la veine qui les rendraient « riches », ou seulement moins pauvres.

Nous quittons la mine choqués. Mais nous ne regrettons pas cette visite qui nous aura ouvert les yeux sur une réalité, même si celle-ci n’est pas agréable.


Cette visite aurait logiquement due être contée dans le précédent article, soit celui de Noël, mais ce mélange des genres ne nous a pas paru très opportun, voire indécent, d’où l’article dédié.


Après une visite de la ville de Potosi, autrement plus agréable que celle de ses mines, nous rentrons sur Sucre pour nous apercevoir que la tartiflette avariée avait fait d’autres victimes. En l’occurence 2 français avec qui, au grand malheur de leurs estomacs, nous avions sympathisé. Mais, pas rancuniers, ils feront une jolie coupe à la jolie Amélie.



Et dans la famille Poissard je demande... le retrait en distributeur.

Et oui, on a encore droit à notre lot de galère. Un petit retrait de quelques 2000 bolivianos (200 euros) dans un DAB de la Banque Nationale de Bolivie, sauf que les billets ne sortirons jamais... A peine aurons nous droit à un « gracias por su preferencia » quelque peu ironique.

Bien sûr, vérification faite, le retrait à bien été enregistré sur notre compte sinon c’est pas drôle...

Les banques c’est comme les chevaux : elles sentent qu’on a la trouille, et les voilà qui ruent. Ras le bol des coups de fer au beau milieu du front...


2008 touche à sa fin... Nous partons rejoindre 2 vieilles connaissances du côté du salar d’Uyuni pour affronter ensemble les premiers instants de 2009.

Au passage, nous ne manquerons pas de traverser de superbes paysages, comme un avant-goût de ce qui nous attend à Uyuni...