On a beau y laisser quelques plumes à chaque fois, et pas seulement celles du duvet, le camping... on aime. Alors puisque l’occasion se présente de nouveau, on resigne immédiatement. Cette fois-ci, notre mission, si nous l’acceptons, sera de traverser la frontière Argentine – Chili à pied, soit relier les villes de El Chalten (cf. article précédent) et de Villa O’Higgins, ville chilienne qui marque la fin de la « carretera australe » (en gros une route, ou plutôt piste, achevée en 1999 seulement pour désenclaver un petit peu cette Patagonie si difficile d’accès).
En théorie, le programme est le suivant :
• J1 : Auto-Stop sur 37 km : de El Chalten au « Lago del Desierto »
• J1’ : Marche le long du lac (15 km) pour aller au poste frontière argentin (avec l’option de marcher sans les sacs qui eux feraient le trajet en bateau)
• J2 : Marche pour passer côté chilien (2h jusqu’à la frontière et 4 jusqu’au bord du lac O’Higgins et au poste de frontière Chilien)
• J3 : Traversée du lac O’Higgins pour atteindre Villa O’Higgins
Au final, on est arrivé plein de bons souvenirs, mais pas tout à fait comme on l’imaginait !
• J4 : Arrivée à Villa O’Higgins. On est maintenant une bonne bande de jeunes (qui s’fend la gueule). La traversée en bateau s’est faite à 9 (3 anglais et 6 français). Depuis, on vadrouille ensemble (camping, bus, et soirée d’anniversaire...)
En arrivant à Villa O’Higgins, une question se pose immédiatement : quelle est la raison d’être de cette ville ? L’endroit et superbe (mais existe-t-il un endroit moche en Patagonie, on finit par se le demander), mais côté isolement, il est difficile de faire mieux.
C’est ici que nos compagnons de route nous quitterons, continuant plus au nord quand nous décidons de notre côté de nous y attarder un peu.
Nous avons en tête de peut-être dégoter ici de quoi continuer notre périple à dos de canasson. Ne faisons pas durer le suspense inutilement, ils ne seront pas pour maintenant (mais seront-ils pour plus tard, cela semble particulièrement incertain), nous n’avons trouvé personne acceptant de nous vendre (ou louer) des chevaux.
Et puis Cochrane a également sa réserve naturelle, dont la particularité est d’être le refuge d’une population relativement importante de Huemules, soit une espèce endémique de cervidés aujourd’hui menacée d’extinction.
Nous voilà donc partis pour un treck d’une journée dans ce parc méconnu, et de ce fait très peu fréquenté.
Quand soudain, semblant crever le ciel, et venant de nulle part, surgit un huemul brun.
Alors nous, on avait ouï dire que le huemul était craintif. Et il se trouve que celui-ci nous montre son cul (appelons les choses par leur nom, et tant pis pour les synonymes plus corrects). Me disant que de toute façon, si on se remet à respirer,
Cet acharnement photographique sur cette pauvre bête, qui heureusement pour elle n’était pas pudique, sera partiellement responsable d’un retour tardif au centre-village de Cochrane. Mais quant on voit ce que peut donner un crépuscule patagon, on se dit que finalement le retard à parfois du bon.