mardi 10 mars 2009

Regroupement familial

Les voyages forment la jeunesse


Sans doute voulaient-ils vérifier que nous ne faisions pas de bêtises, ou tout du moins de pas trop graves. Ou peut-être voulaient-ils juste démontrer à leurs chtiots que eux-aussi étaient capables de barouder à travers l’Amérique latine. Faudra le leur demander. En tout cas une chose est sûre, c’est qu’ils sont là, avec nous : l’Odile Duj’ et les Nicole & Jean-Baptiste Anj’.

Ils ont ramenés dans leurs valises Minique & Pierre Lag’, deux amis lillois d’Odile.


Nous partîmes deux, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes sept en arrivant à l’aéroport. Cependant ce renfort sera de courte durée, les parents Angebault ayant d’abord prévu de visiter mon oncle d’Amérique, Pascal, qui vit près d’un lac isolé de Patagonie chilienne. Redécollage immédiat donc pour tous les deux après un rapide café (bière pour être plus proche des faits...) partagé dans l’aéroport.

Le gros de la troupe (le jeu de mot est tentant, mais je résiste...) s’en va à Santiago pour une visite du coeur historique.



Kaléidoscope

Le lendemain nous partons pour Viña del Mar qui a comme intérêt principal, outre ses plages, sa proximité avec Valparaiso.

Les deux voisines ne sont proches que de situation géographique. Le reste à plutôt tendance à les opposer. Viña est une station balnéaire qui attire les gros revenus de Santiago, quand Valparaiso, de son petit nom Valpo, est une grande cité industrielle. Nous logeons à Viña pour des raisons de sécurité, car Valpo traîne une image de ville dangereuse. Nous y reviendrons...


Demi-journée plage histoire de s’apercevoir que le courant froid d’Humboldt qui glisse le long des côtes est bien présent. Vagues fortes et température frisquette au programme.

Puis deux journées à Valparaiso, parce qu’elle le vaut bien.

La ville est découpée en deux partie principale :

La ville basse, plane, qui regroupe principalement le port et la plupart des bâtiments administratifs.

Et les collines sur lesquelles s’étalent à perte de vue des maisons de bois recouvertes de tôles ondulées multicolores réparties de manière quelque peu anarchique du fait des contraintes imposées par le relief. Et pour accéder plus facilement à ces différentes collines, pas moins de 14 funiculaires répartis sur toute la ville.

Cette organisation bordélique anarchique et ces couleurs multiples font de Valparaiso une ville kaléidoscope. Et c’est tout le charme de cette ville, charme auquel nous ne resterons pas insensible.

L’atmosphère particulière de cette ville ouvrière doit également beaucoup à ces centaines de chiens et de chats, souvent endormis, qui parsèment ses rues, ainsi qu’à ces peintures murales et graffitis artistiques qui décorent ses murs.



Mais la réputation de Valparaiso concerne également son insécurité latente. Tout au long de notre visite, des gens venaient spontanément nous voir pour nous avertir (à croire que nous étions faciles à repérer comme « touristes » il faut dire que les parents and CO sont arrivés un peu palots...). Les « n’allez pas plus loin », « cachez votre appareil » et autres « surveillez vos poches » ont rythmé nos journées.

Et il s’en est fallut de peu pour que nous ne passions malgré tout à la caisse...

Dans un restaurant le soir, deux jeunes faisant semblant de s’intéresser à la carte à la table d’à côté pendant que nous payions, puis ressortant sans commander. Le serveur les reconnait, nous prévient et nous propose de nous « escorter » jusqu’au bus. Nous acceptons. Escorte utile, car sitôt sortis par la porte arrière du restaurant nous sommes suivis. Mais les voleurs se sachant repérés, et le serveur faisant « barrage », ils ne passeront finalement pas à l’acte. Mais avouons que nous n’en menions vraiment pas large agrippés que nous étions à nos sacs...



Sur le seuil de la Patagonie


Après une nuit de transfert en bus inégalement apprécié par les membres du petit groupe, nous arrivons à Puerto Montt, située à 1000 km au sud de Santiago.

La ville en elle-même a relativement peu d’intérêt, mais déjà la végétation et les paysages environnants sont là pour nous rappeler que nous sommes très près du début de la Patagonie.

Le groupe de 7 se reforme avec le retour de Nicole & JB. Et rien de tel qu’un bon restaurant de fruits de mer pour se raconter nos aventures respectives.

Embarquement tous ensemble pour un tour qui nous mènera à Peulla via de biens jolis paysages (volcans enneigés aux cônes frôlant parfois la perfection, chutes d’eaux, lac aux rives encore bien sauvages...).




Ça y est, je comprends mieux... On a beau me surnommer la marmotte, je tiens à préciser que mon poisson rouge ne passe pas uniquement son temps à oublier, il s’endort aussi assez facilement... Et bien, j’ai trouvé : c’est héréditaire ! Le papa de mon poisson rouge narcoleptique est pareil tant du point de vue du sommeil que de la mémoire...


Mots de ventre (intermède gastrique) :

Je profiterai bien peu des paysages de la route retour ainsi que de la nuit qui suivra, morceau de saumon peu frais avalé le midi oblige. Oui, je sais, c’est pas bien passionnant, mais j’avais besoin de vider mon estomac sac. Heu, je ne voudrai pas en rajouter, mais les sacs, tu les as plus remplis que vidés... (Florence, je te tiens à disposition les photos du désastre nauséeux nocturne ;o) ).


Nous partons ensuite pour la très spirituelle île de Chiloé, ou comment rentrer en 2 jours dans plus d’églises que pendant 6 mois de voyage. Ici, les jésuites ont bien réussi dans leur mission d’évangélisation à en croire par la centaine d’église qui parsème le territoire pourtant réduit.



Et en plus ils se sont appliqués, parce qu’elles sont toutes mimines leurs églises. L’Unesco ne s’y est pas trompé et en fait figurer 14 d’entre elles sur la liste du patrimoine culturel de l’humanité.

Bref, nous qui étions plutôt habitués à faire la tournée des bars, nous nous retrouvons à faire la tournée des églises. Signe sans doute de l’influence malsaine que nos parents et compères ont sur nous.


Mais la spiritualité de Chiloé c’est aussi de sacrés paysages, de la divine cuisine et des palafitos (maisons sur pilotis) qui tiennent miraculeusement debout. Bref, un petit paradis...






La croisière s’amuse





Tel des prophètes, nous voilà sur l’Evangelista qui va nous mener en 4 jours vers le sud de la Patagonie, notre terre promise.




En réalité, bien plus qu’un pèlerinage vertueux, ce seront 4 jours de débauche, 4 jours pendant lesquels nous baigneront dans la luxure en nous adonnant aux plaisirs du jeu (bingo, échecs, scrabble...), nous nous laisserons entraîner dans la paresse (sieste à toute heure de la journée) et nous cèderons bien volontiers à la gourmandise (triple ration de brownie pour tous !). Et que dire de Pierre qui a découvert à cette occasion la Dulce de Leche (confiture de lait). Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a bien aimé...Et de Nicole et Dominique qui jouaient les receleuses à la sortie des ptits déj, les sacs pleins de confiote, café, brownies...

Avouons le, ces quelques jours ont été bien agréables...


D’autant que, une fois n’est pas coutume, nous en aurons plein les yeux, navigant dans des canaux patagons grandioses, longeant de nombreux glaciers notamment le gigantesque Pie XI, le tout escortés par des cormorants, lions et éléphants de mers, dauphins...

Cette croisière, idéalement située à la moitié de nos vacances familiales, nous aura permis de recharger à bloc nos batteries avant de nous attaquer au grand sud.






3 petites tours et puis s’en vont


Sitôt débarqués de notre évangile flottante, nous partons en direction du parc Torres del Paine. Malheureusement l’agence de voyage qui s’est occupé de nos réservations nous avait préparé une mauvaise surprise. Nous nous trouvons cantonnés dans un hôtel aux abords du parc, d’où il est bien difficile ensuite d’atteindre les différents centres d’intérêt du dit parc. Nous sommes contraint de contracter avec un chauffeur officieux qui dicte sa loi, sachant bien que nous n’avons guère le choix que d’accepter ses conditions.





Mis à part cette surprise quelque peu désagréable qui nous obligera à déserter une nuit nos cabañas pourtant confortables et prépayées pour le confort spartiate d’un camping (le dos de Pierre s’en rappellera), nous passerons deux journées très agréables bien que ventées et nuageuses à arpenter les chemins du parc. Pour les initiés qui connaitraient le circuit du « W », nous n’auront eu le temps que d’en faire un « V », soit une journée en direction du glacier Grey, et une dans la vallée du français, aux pied des tours.




Et puis au passage nous croiserons quelques spécimen de la faune locale, dont le joli guanaco (lama sauvage) et la non moins jolie caiquen (oie sauvage), ainsi qu’un volatile identifié comme un condor par Pierre, version plus ou moins mise en doute par Amélie. Et comme on saura jamais, ami lecteur, je te laisse choisir la version que tu préfères...



Nous fêterons également ici nos 6 mois de voyage. Et oui, déjà ! Le temps file, le retour approche et avec lui une petite pointe d’appréhension apparait. Parce que voyager, c’est pas désagréable mine de rien.


Ce parc, présenté comme un incontournable de la Patagonie, vaut effectivement très largement le détour, même si l’on sent que le tourisme est ici la vache à lait que l’on n’hésite pas à traire à toute heure de la journée... On en a encore mal aux mamelles.



Ajoutez-y maintenant une pointe de sable et vous obtiendrez un joli voyage


Punta Arenas, littéralement « pointe de sable », sera notre destination commune finale. Après, nos ptits vieux s’en retourneront à leurs occupations hexagonales, abandonnant une nouvelle fois leurs progénitures. Parents indignes...


Mais nous n’y sommes pas encore. Nous avons d’abord rendez-vous avec tout plein de petites bestioles qu’on a pas l’habitude de croiser chez nous, enfin chez vous. Citons sans être exhaustifs des guanacos (sorte de lama), des nandus (sorte d’autruche), des renards argentés (sorte de ... renards), des dauphins (sorte de Flipper), des pingouins (sorte de consultant Génération Conseil). La plupart seront observés simplement à partir de notre voiture. Et certains se retrouveront même dans nos assiettes. Les malheureux élus étant le guanaco et le nandu, accompagnant ainsi l’autruche, le caiquen et le castor... Ce soir là d’ailleurs on aurait bien mangé aussi du serveur, tellement celui-ci était antipathique, quoique la viande aurait surement été un peu nerveuse...


Côté flore, là aussi, le dépaysement était au rendez-vous. Par contre, on aura du mal à vous donner ne serait-ce que le nom d’une des plantes locales, nos connaissances en matière de botanique n’allant guère plus loin que le pissenlit. Ohh, t’exagères, on connait aussi le coquelicot...


Nous partirons également vers le cap le plus au sud du continent (soit sans tenir compte des îles, et donc du cap Horn). Nous ne parviendrons pas au bout par manque de temps. C’était déjà l’heure d’aller rendre visite aux pingouins de Magellans, ou plus précisemment aux manchots, car c’est bien de celà qu’il s’agit.


Petit intermède éducatif (ça faisait longtemps) :

La confusion entre manchots et pingouins est classique, à tel point que même nos guides touristiques se plantent allègrement, et nous par la même occasion. Confusion qui remonte aux marins anglais qui prenaient les manchots pour des pingouins, oiseaux qui vivent sur les côtes du Royaume-Uni. Et depuis, la confusion s’est installée durablement dans leur langue, (ainsi qu’en italien, espagnol et allemand) où Penguin (Pinguino..) désigne le manchot. Alors qu’à l’origine le mot, originaire du gallois « Pen gwin » , désignait bien le pingouin.

Ces animaux n’ont pas grand chose en commun. Il est facile de les différencier, en particulier pour deux raisons :

- Le pingouin vit exclusivement dans l’hémisphère nord et est capable de voler

- Le manchot vit exclusivement dans l’hémisphère sud et est incapable de voler

Pierre, tu avais donc raison...





Nous voilà moins bêtes, retournons en à nos bêtes.

Donc nous voici arrivant auprès d’une colonie de manchots de magellans. Et on a beau dire, ces bestioles sont vraiment attendrissantes, et on ne se lasse pas de les voir les ailes écartées en train de se secouer de bas en haut. Ceci dit, on m’aurait proposé un steak de manchot...

L’occasion pour tous d’user et abuser de son appareil photo. Mention spéciale à Odile qui a découvert les joies du mode rafale, soit j’appuie sur le bouton de l’appareil une dizaine de secondes pour prendre à peu près autant de photos. Dans le lot, y en aura bien une de bien quand même... J’ai trouvé mon maître.



Et ces sur ces belles images que nous nous disons « Au revoir ». Nos parents sont maintenant assurés que nous faisons bel et bien des bêtises, et ils nous ont prouvé qu’ils pouvaient aussi barouder en Amérique du sud, mais dans des hôtels 4 étoiles, faut pas déconner.


Et nous, ben on s’attendait a être tranquilles pendant 2 semaines : tu parles, il a fallut s’accrocher ferme pour suivre le rythme imposé par le club des cinq. Mais avouons-le, nous avons passé 2 semaines extras.

6 commentaires:

Ronan a dit…

Ben c'est qu'on commençait à l'attendre cet article! Ca valait le coup d'être patient ceci dit!
A plouche!

Anonyme a dit…

vi je confirme...on l'attendait ce petit message !
et bien Joyeux annif de voyage !!!!!!
ceci dit....je suis tjs autant jalouse !
bisouilles
amand

Benoit a dit…

merci de nous avoir rendu quand même les ainés. D'ici qu'ils se sentent jeunes et nous fassent une crise d'adolescence !

Anonyme a dit…

merci pour ce beau récit et les photos. bisous à vous et bonne suite en namoureux.
Guillou

Anonyme a dit…

Salut les chiliens, U petit coucou de la paire poisseuse, ou non, tout est relatif.. Merci pour le recit, interessant. Nous partons à la fin du mois, ca ressent les preparatifs. Bises

Ben & Blan

Anonyme a dit…

hi! hi! hi!
Mcrrr